ateliers
d'ethnomusicologie

Danses d'Azerbaïdjan et de Géorgie

Mariya Khan-Khoyskaya Martignoli

Orient | Danse

Danses traditionnelles de l'Azerbaïdjan

Les danses azerbaïdjanaises sont issues de plusieurs siècles d’histoire dans la région du Caucase, où plusieurs ethnies co-habitent avant de former la République d’Azerbaïdjan. Sur les anciennes routes de la soie, à la croisée des chemins reliant ses grands voisins que sont la Turquie à l’ouest, l’Iran au sud, l’Asie centrale à l’est et la Russie au nord, le Caucase se caractérise par une étonnante diversité ethnique, linguistique et culturelle, qui reflète un passé souvent tumultueux.

Les danses proviennent d’anciens rites populaires qui avaient lieu lors d’événements  comme la chasse, la cérémonie de mariage, les salutations au printemps, etc. Puis, à l'époque médiévale, différents types de danses ont été formés créés à la Cour des rois de l'Est. Ces danses appartiennent à plusieurs catégories distinctes:

les danses du travail (Chobani – la danse du berger, Terekeme – la danse des nomades),

les danses rituelles (Vagzali – les femmes la dansent pendant les cérémonies de mariage, Yalli – danse en cercle),

les danses militaires (Djenge, Gaytagi, Igidler – seulement dansées par les hommes),

les danses traditionnelles des femmes (Uzundere, Nelbeki ou danse avec soucoupe, Qabal reqsi, ou danse avec un instrument de musique, Turadji ou danse de l’oiseau, Sari gelin), etc.

Ces danses diffèrent grandement les unes des autres, et en fonction des interprétations masculines ou féminines. Le temps rythmique usuel pour la femme est de 3/4, alors que celui des hommes est de 2/4. Son développement est conditionné par le costume national. Une longue jupe forçant la netteté du mouvement de jambe, alors que l'attention principale est donnée à la partie supérieure du corps : la tête, les mouvements des bras et des mains, ainsi que l’expression faciale de la danseuse. Toutefois, certaines danses sont très rapides et sont exclusivement effectuées par ces dernières.

A l’inverse de celles des femmes, les danses masculines portent principalement sur un jeu de jambes très rapide. Les mouvements du danseur sont techniquement complexes, définissant ainsi l'esprit et l'énergie des danses masculines azéries.

Traditionnellement, les danses azéries sont accompagnées par des instruments de musique nationaux, tels la zurna (flûte), le kamantcha et le tar (instruments à cordes), ou encore le nagara (percussion).

 

Danses traditionnelles de la Géorgie

Située dans la région du Caucase, la Géorgie (de son nom endonyme Saqartvelo) est fière de son histoire et de sa culture riche et ancienne, dont les danses traditionnelles font intégralement partie et sont inscrites dans le patrimoine culturel du pays. Reflétant les traditions ancestrales, les rituels religieux, les différentes coutumes, la musique traditionnelle, les évènements historiques, sans oublier la diversité géographique et linguistique, ainsi que la nature du Caucase, les danses géorgiennes sont très complexes ainsi que variées, et possèdent un caractère unique au monde.

Chaque danse a sa propre histoire - danses pour les mariages, danses de guerre, danses montagnardes, romantiques, festives, danses des aristocrates ou encore des marchands. Voici quelques exemples :

  • Kartuli, danse courtoise et romantique, figurant parmi les plus anciennes danses géorgiennes, répandue dans toutes les régions du pays. Ici l’homme danse digne et majestueux, comme un aigle, son regard fixé sur la femme, gracieuse et délicate, glissant sur le sol comme un cygne, toujours en regardant le sol bras étendus, symbolisant l’affection qu’elle lui porte.
  • Acharuli, danse joyeuse et festive provenant de l’Adjarie. Les hommes et les femmes dansent ensemble d’une façon plus informelle et provocant ; les mouvements rapides des hommes contrastent avec ceux des femmes, plus souples et ondulés.
  • Mtiuluri, danse montagnarde, une représentation typique de l’esprit guerrier et belliqueux des habitants des montagnes du Caucase ; les mouvements masculins sont durs et accentués, montrant la péripétie des combats ; les mouvements féminins sont rapides, tout en restant gracieux et élégants. On utilise la fameuse technique de danse sur les pointes, mais avec les orteils recroquevillés.
  • Kintoouri, danse de ville, l’incarnation du personnage kinto, marchand des quatre saisons de l’ancienne Tbilissi. La danse est légère, comique même, où les mouvements des danseurs symbolisent le caractères extravagant et téméraire de ces marchands.
  • Samaia, une danse douce des femmes dédiée à la reine Tamara, réincarnant les 3 stades de sa gloire : la jeune princesse, la mère sage et la reine puissante.

Pas à pas, les élèves apprendront à utiliser l’entièreté de leur corps, en accordance avec des styles et des techniques de la vaste diversité des danses géorgiennes. L’un des buts sera d’apprendre des chorégraphies différentes pour les danser sur scène, mais également se sentir à l’aise en dansant sur la musique traditionnelle géorgienne lors d’occasions, ou encore tout simplement de prendre du plaisir et permettre au corps de respirer en lui offrant un « souffle nouveau », une forme de bien-être pour soi.

 

Bio

Issue d’une famille multiethnique, Mariya a 11 ans quand elle commence l’apprentissage des danses traditionnelles azerbaïdjanaises au sein de GOYARCHIN, une troupe chorégraphique dans sa ville natale Gandja, sous la direction de Ramiz et d'Anna Mamedovi. En 2002, elle intègre l'Ensemble National d'État, GULSHEN, et pendant 4 ans, elle continue sa formation tout en participant à des tournées dans d'autres régions du pays.

En 2006, Mariya part une année pour les Etats-Unis grâce au programme d'échange FLEX. Elle saisit cette opportunité de faire découvrir les danses de son pays. Son parcours académique se poursuit en Russie, où elle parfait ses études de traduction et d'interprétation. En parallèle, elle continue à danser en participant activement à la vie culturelle de la ville. Mariya développe l’enseignement des danses nationales d’Azerbaïdjan aux enfants. Dans le même temps, elle participe régulièrement dans les performances de l'Ensemble National de Danses Caucasiennes SAIRME, dirigé par un éminent chorégraphe géorgien, M Soso Gogsadze.

En 2011, elle s’établit à Genève et entame l’enseignement des danses d’Azerbaïdjan au sein des ADEM, tout en continuant d’être membre active de la vie culturelle de Genève et alentours. Dans le but de poursuivre sa formation, lorsqu’elle retourne régulièrement en Azerbaïdjan, elle s’enrichit auprès de M. Farmayil Pashayev, Artiste Honoré de la République d’Azerbaïdjan.

D’autre part, elle commence son apprentissage auprès de Mme Nino Turabelidze, artiste folklorique géorgienne de renommée internationale, ex-soliste du légendaire SUKHISHVILI, Balet National de Géorgie mondialement connu, et fondatrice du NABADI, Théâtre Folklorique de Géorgie à Tbilissi, unique en son genre et dont la dramaturgie est basée sur les histoires bibliques, la mythologie, ainsi que le folklore géorgien et caucasien. Ce nouveau projet permet à Mariya de lancer dès janvier 2022 le nouveau cours au sein des ADEM - celui de danses géorgiennes, sous la direction de sa professeure Mme Turabelidze, ainsi proposant aux participants de ce nouveau cours, un programme inédit à Genève.

LIEU :
ADEM MARAICHERS, 44, rue des Maraîchers - 1205 Genève

HORAIRES :
Danses d'Azerbaïdjan : Vendredis de 19h15 à 21h45

Danses de Géorgie : Mercredis 20h à 22h

TARIFS :
Prix par cours : 30 frs
Leçon d’essai gratuite

CONTACT :
Email :  az.ge.dances@gmail.com

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