ateliers
d'ethnomusicologie

Sortir des murs No. 1 : Whose is this song ?

Focus | 24 mars 2020 | Fabrice Contri

Ethnosphères magazine souhaite vous accompagner dans ce temps de confinement en vous proposant sa sélection SORTIR DES MURS, une série de films et de documentaires de qualité au sujet des musiques du monde, accesibles depuis chez vous. Nous ouvrons cette liste élaborée par nos soins avec Whose is this song ? , un film fétiche dans le milieu de l’ethnomusicologie et parmi tous les mélomanes amoureux des « musiques traditionnelles » ... Nous vous souhaitons un bon visionnage ! 

 

LA RÉALISATRICE

Adela Peeva (Bulgarie) est née en 1947, elle étudie la réalisation à l'académie de théâtre, cinéma, radio et télévision de Belgrade puis travaille à Sofia. En 1990, elle crée la société Adela Film and TV Productions. Elle a réalisé plus de quarante courts métrages et films de fictions. Ces thèmes de prédilection sont la culture et la religion dans les Balkans.

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Adela Peeva

 

LE FILM

WHOSE IS THIS SONG ? -  Adela Peeva – 2003 – 70min

Quelle ne fut la surprise d’Adela Peeva de découvrir qu’une chanson qui avait bercé son enfance et qu’elle croyait bulgare était également chantée en Grèce, en Macédoine, en Turquie, en Serbie et en Bosnie. Voulant en savoir plus, et animée par l’espoir naïf que cette chanson pourrait servir de trait d’union entre ces peuples, elle sillonne l’aire balkanique, sollicitant musiciens, chanteurs ou experts reconnus.

D’Istanbul à la Bulgarie, en passant par l’île grecque de Lesbos, Korcë (Albanie), Sarajevo, Skopje, Vranje (Serbie), Adela Peeva va retrouver sa chanson mise à toutes les scènes. Le rythme est toujours le même, mais les paroles changent du tout au tout : la belle chanson d’amour grecque, turque, albanaise ou bosniaque, peut aussi devenir marche militaire ottomane, chanson de djihad, ou encore chanson de ralliement des nationalistes bulgares en lutte contre ces mêmes ottomans

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Les musiques traditionnelles sont à la fois les lieux d’expressions identitaires (reflets de sensibilités individuelles et collectives) mais, plus encore, d’échanges, de rencontres, de dialogues qu’on ne peut empêcher. Point de pureté, d’isolement total en musique, point de barrières infranchissables, point d’îlots solitaires : toute musique est un carrefour, un appel au voyage, au large. Les musiques dites « traditionnelles » en sont les merveilleux témoins. 

 

EN REGARD ...

 

→ Bartók, Béla (1942). « La pureté raciale en musique » in Bartók, Écrits (2006). Genève : Éditions Contrechamps, p. 281-285.

 

 

Éminent compositeur, Béla Bartók figure également comme l’un des pères de l’ethnomusicologie. Il n’agit pas en froid théoricien mais fonde sa réflexion sur des expériences de terrain, en lesquelles il puise la matière de ses écrits ethnomusicologiques. Ainsi part-il à la rencontre des musiciens dans leur pays, leurs villes et plus souvent leurs villages, chez eux aussi, afin de se nourrir de leurs existences. Il pratique autant qu’il le peut leur musique, il les enregistre, transcrit à l’aide de son gramophone à rouleau de cire leurs chants, leurs performances instrumentales. Ses textes, bien loin de « simples » rapports scientifiques,  sont une invitation à partager une intimité et une rare sensibilité. Le monde d’hier dont nous pouvons toutes et tous tirés encore bien des leçons aujourd’hui, pour demain.

 

 

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POUR POURSUIVRE

 

→ Vera Lampert (2008). Folk Music in Bartók Compositions. A Source catalog .  Budapest : Hal Leonard Corp.

 

 

 

→ Musique du Maramureş. Groupe Iza, Enregistrements (2013) : Renaud Millet-Lacombe ; texte et photos : Fabrice Contri ; note introductive de Speranţa Rădulescu, traductions de Jacques Bouët.

1 CD MEG-AIMP CXIV / VDE CD-1497, 2017.

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Textes : Fabrice Contri

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